04/01/2005
Privatiser l'assurance chômage
On a appris il y a quelques jours que l'Allemagne allait réformer son système d'assurance chômage. Je n'ai plus les détails en tête mais globalement les chômeurs allemands seront indemnisés beaucoup moins longtemps, 12 mois si ma mémoire est bonne. Ensuite c'est l'aide sociale, 300 ou 400 € / mois. Comme partout c'est l'Etat Providence dans son ensemble qui craque, se fissure et file vers la faillite. C'était vrai dans les pays scandinaves, c'était vrai en France, c'est donc vrai aussi en Allemagne. Certes on pourrait se réjouïr que les allemands -eux- aient pris conscience du problème et que leur gouvernement prennent les mesures nécessaires pour éviter le naufrage du système, contrairement à la France où l'on trouve encore des gens pour affirmer sans rire qu'il n'y a, par exemple, aucun problème avec la retraite par répartition.
Mais l'heure n'est plus au rafistolage et il est temps que l'opinion publique comprennent que c'est le système lui-même qui est mauvais. Car non seulement il ne trouve plus son équilibre sur le plan comptable (plus personne pour payer les retraites, assurance chômage en déficit, trou inéluctablement béant de l'assurance maladie etc...) mais il est foncièrement injuste car non basée sur le consentement libre des individus et totalement à l'écart des processus de marché.
Revenons sur l'assurance chômage. Quelle justification à un système qui se veut obligatoire, monopolistique, géré par des syndicats (dont on sait la représentativité) et totalement non négociable ? Pourquoi ne pas faire jouer une libre concurrence sur un marché qui n'est finalement rien d'autre qu'un type d'assurance ?
Le chômage n'est pas une assurance comme les autres, ouï-je déjà... Qu'on nous foute la paix avec ces slogans à deux balles. Oui l'assurance chômage est une marchandise, dans le sens où elle a prix. A partir de là je ne vois aucune raison valable pour que le fonctionnement du marché, qui s'avère être ce qui se fait de mieux pour tout ce qui a un prix (et même parfois ce qui n'en n'a pas, mais c'est un autre problème), ne s'applique pas à ce service.
Les marchés de l'assurance auto, habitation, responsabilité civile sont tous libres (plus ou moins) et concurrenciels et, que je sache, les gens sont tous bien assurés.
Dans un marché de l'assurance chômage libre les principaux inconvénients du système actuel sauteraient. Tout d'abord son financement. Les assureurs n'étant pas des philanthropes, et compte tenu qu'ils assumeraient seuls le risque, on peut être certain que les tarifs seraient en relation direct avec les prestations. La liberté de choix ensuite. Chaque salarié pourrait choisir son assureur. A prestation égale, le moins cher, ce qui comme sur tout marché concurrenciel pousserait à une baisse des tarifs (Cf la téléphonie). Mais les prestations, justement, ne seraient pas forcément égales. Un grand nombre de types de contrats seraient sans doute proposés aux salariés, en fonctions de leurs souhaits d'assurance. Ainsi certains pourraient se couvrir très fortement, quitte à payer cher, d'autres au contraire, préfereraient une couverture light. Certain pourraient choisir d'être indemnisés modérément mais longtemps en cas de difficulté à retrouver du travail, d'autres pourraient vouloir au contraire une courte période d'indemnisation mais à 100% du salaire etc... Certaines personnes peu qualifiées pourraient signer des contrats très généreux ayant comme contre-partie qu'elles sont obligés d'accepter toute offre qui se présente dans un domaine et un bassin d'emploi donné. Type de contrat qui ne conviendrait pas forcément à un ingénieur très éxigeant sur le poste qu'il recherche. On peut tout imaginer, y compris des contrats sur mesure, au même titre que votre banquier peut vous faire un crédit sur mesure.
Bref la libéralisation de l'assurance chômage permettrait de sauver le système sur le plan financier mais aussi et surtout d'offrir une réelle liberté de choix dans les prix et les prestations.
21:50 Publié dans Liberalisme | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note



Commentaires
LA!
CA c'est une solution , une vraie!
Mais bon d'ici à ce que les crétins soi-disants de droite qui nous gouvernent le réalise, on risque fort de se prendre une méga-banqueroute nationale comme une certaine Suède... :-S
Gorrunwe
Ecrit par : Gorrunwe | 04/01/2005
"et, que je sache, les gens sont tous bien assurés."
Heu, non, les gens ne sont pas tous assurés.
Juste une question:
imaginons un bassin d'emploi largement déficitaire. Il n'y a pas d'emplois, en tous cas pas assez pour mettre tout le monde au travail dans des conditions humaines. Dans une logique de marché, dans cette région les prix de l'assurance-chômage vont grimper, puisque la demande fait de même. Par contre, les moyens qu'ont les gens pour financer cette assurance sont moindres, puisqu'ils ont accès à moins d'emplois et donc de revenus.
Comment s'en sort-on dans ce cas?
Ecrit par : patrick | 21/01/2005
Il faut privatiser au plus vite tout ce qui est privatisable.
Emmanuel Spirlet
Ecrit par : Emmanuel Spirlet | 27/01/2005
Le système social dans sa généralité se fissure car on le laisse se fissurer, il fonctionne bien de lui même. S'il y a des déficite,c'est que les budgets ne sont pas alimentés comme il le faudrait, or le budget est "voté", ce qui signifie que le système est mis délibérément en faillite par nos représentant.
Ensuite les marchés de l'assurance ne sont pas "libre". Dans certain cas, tu est obligé de contracter une police d'assurance (habitation, voiture...) même si tu peux choisir ton contractant. Personnelement, mis a part la responsabilité civile, je ne prendrais aucune assurance; je suis contre l'obligation de contracter., et si la privatisation se faisait, j'èspere qu'on n'aurait pas à être obilgé de la faire.
De toutes fâçons, un système privé se retrouverait avec les mêmes problèmes de financement compte tenu de la précarité croissante de l'emploi, et la baisse continue de la part des salaires bruts dans le PIB (le potentiel de cotisation).
Ecrit par : Michel | 09/02/2005
"Il faut privatiser au plus vite tout ce qui est privatisable."
La betise n'a pas de limite.
C'est dommage que l'article sur l'analyse du programme eco du FN "est il libéral" soit vérouillé...
Bref simplement pour vous répondre, le programme du FN n'a en aucun cas vocation à l'etre je pense, du moins dans la conception "ultra libérale" que vous développez sur votre blog.
Un pays ne peut garantir une cohésion sociale sans un minimum de protectionnisme, c'est du bon sens, sinon vous tirez tous vers le bas avec la concurrence mondiale. Evidemment un cadre est tenté de se dire, "pourquoi s'emmerder a produire en france quand on peut produire deux fois moins cher en inde et doubler sa marge etc." - réaction purement egoiste et limitée, quid de la classe ouvriere en france ?????
et ne me dites surtout pas "c'est pas grave, on va tendre vers un niveau d'instruction élitiste et se concentrer sur des activités tertiaires ou de technologies de pointe"... foutaises et utopie délirante
evidemment le PDG de carrefour qui part avec 38 millions d'euros d'"indemnitées" (réflechissez deux minutes a la démesure de cette somme) lui est pro-libéral...
l'ultra libéralisme, c'est la prise de pouvoir des financiers, des banquiers internationaux, le triomphe absolu de l'argent sans considérations sociales aucune
l'ultra-libéralisme, c'est l'europe de bruxelles...
on peut réformer en profondeur sans libéraliser a outrance
Ecrit par : demos | 22/04/2005
Intéressant!
Mais la solution n'est pas de "changer" de caisse de paiement des allocs.
Il suffirait que la frénésie taxatrice disparaisse pour que les investisseurs du monde entier pointent du nez...les premiers qui le comprendront donneront l'exemple et prospéreront en premier.
Ecrit par : Tony | 26/04/2005
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